Un sens à la Politique

Seulement, l’action politique, pour moi, n’est pas u n jeu. Lorsque j’ai répondu à l’appel du général de Gaulle me chargeant des fonctions de premier ministre, c’est, entre autres, parce que j’avais parfaitement conscience qu’à ce niveau de responsabilités, il n e s’agit pas d e plaisir, d e vanité o u d’intérêt personnel. La préoccupation, c’est le destin de la France et des Français ».

Lors de sa Conférence de presse du 3 janvier 1973.

Mais plus de plaisir, plus d’argent, plus de confort, des voitures, des loisirs, au bout d’un certain temps comme t out cela apparaît un objectif insuffisant ! Vite vient la satiété. Et puis l’ennui, et puis le dégoût. Et, chez l es meilleurs, une sorte de désespoir. A ce moment-là, comme il est naturel quand on ne se sent pas heureux, on cherche un coupable, on le cherche dans l’entourage, c’est-à-dire la société et c’est ainsi qu’on en vient à accuser la société de consommation. Certes, la société de consommation a ses défauts. Mais je voudrais, bien que ce soit un peu en marge de mon propos, vous dire, jeunes gens et jeunes filles, de faire attention lorsque vous critiquez la société de consommation. La société de consommation n’a pas le même sens pour tous. Pour l’ouvrier ou le paysan, lorsqu’il s’agit de gagner, par son travail, un peu plus d’argent afin d’acheter une machine à laver, cela signifie moins de peine pour sa femme et ce n’est pas rien. La société de consommation, pour ceux-là, c’est l’élévation du niveau de vie. Il n’en est pas moins vrai que la poursuite du confort ne pas suffire et n’emplit pas les âmes.

Discours à la jeunesse, Strasbourg, 12 avril 1969.